Mercredi Saint, 1er avril 1953.


–  Mimi : « Me voilà mon Bien-Aimé à ta disposition. Fais de moi ce que tu désires, je suis à toi. »  

– Jésus : « Pour aujourd’hui, mortifie tous tes sens. Pour mortifier ton orgueil et ton amour propre, je m’en chargerai. Parce que je t’aime, il faut que j’agisse de la sorte. Plus tard tu comprendras, pour le moment, contente-toi de fermer les yeux, laisse-toi conduire par ton directeur qui me représente, car je te le répète, je me manifesterai en lui pour augmenter ta confiance. Je te le demande, enlève de ton cœur tous sentiments et affections humaines, détache-toi de toutes choses créées. Je te veux plus intimement unie à ma passion. Je te demande beaucoup, mais il me semble que j’en ai le droit. Ne suis-je pas ton Créateur! Je n’ai pas oublié ton offrande, déjà un an. Je sais avec quelle joie tu t’offrais à mon amour miséricordieux. Aujourd’hui je veux m’assurer de ta fidélité. Ma petite fille, par privilège, je désire que tu partages mes souffrances, je te veux tout à moi, spécialement plus unie à ma passion. 

Je te demande de me donner plus le premier vendredi de chaque mois en réparation des péchés du monde, surtout de tes péchés de toutes sortes. Examine-toi bien, surtout sur ton manque de confiance. Cependant, demande la permission à ton directeur pour m’offrir plus, fais ce qu’il te dira. Ma petite fille, serais-tu prête à mortifier ton corps jusqu’au sang par amour pour moi? »  

– Mimi : « Mon Bien-Aimé tu le sais, sans toi je ne puis rien, mais avec toi et pour toi je puis tout. Cependant ma pauvre nature se refuse, je suis si lâche parfois. »

– Jésus : « Alors pourquoi désires-tu être ma petite victime d’amour? Crois-tu que le désir a suffi à la rédemption? Que serait devenue la croix sans la victime? Ma pauvre petite, je t’en supplie, offre-moi davantage, serais-tu comme bien d’autres, victimes que de nom? Pourquoi attends-tu que je te demande quelque chose? Si tu m’offrais tout par amour comme je serais heureux d’accepter cette offrande venant de toi, la plus petite de mes créatures. Pauvre petite ne crains pas et donne-moi la main, demande sans cesse l’aide de ma Sainte Mère. Qu’elle guide tes pas dans le chemin de la vie comme elle a su guider mes pas lorsque j’étais petit. N’oublie pas, toi aussi tu es son enfant. Fais-nous confiance. Nous t’aimons bien pauvre petite, tu es si faible. » 

– Mimi : « Tu sais, mon Bien-Aimé, comme je désire ardemment t’aimer, te servir, ne vivre que pour toi, mais je suis la faiblesse même. Toi qui peux tout, augmente en mon âme cet amour, détache de mon cœur tout ce qui pourrait nuire à notre union. »

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Jeudi Saint, le 2 avril 1953. 

Après ma communion.

– Mimi : Il me dit : 

– Jésus : « En ma présence prosterne-toi, adore-moi dans mon sacrement d’amour, ferme les yeux aux choses du monde et ouvre-les à la lumière céleste et à la vérité. » 

– Mimi : « Après avoir longuement échangé de doux aveux, il faut que je te quitte mon Bien-Aimé, mais j’espère te revoir. » 

Dans l’après-midi, à l’église devant le reposoir. 

Tout était si bien préparé avec richesse et beauté! Je contemplais. « Que c’est beau! » lui dis-je. « Je suis si heureuse de voir tant de beauté. » 

– Jésus : « Si tu nous voyais dans toute notre gloire, si tu voyais la beauté de mon ciel! Si tu pouvais voir la splendeur d’une âme en état de grâce, ce spectacle est trop grand pour des yeux humains, car tu mourrais de joie. Demande-moi tous les jours d’être admise dans mon royaume afin de me contempler face à face, de jouir de ces beautés célestes pour l’éternité. Si tu savais la joie que tu me procurerais en me faisant cette demande! Demande aussi cette faveur pour les âmes qui n’y pensent pas.  

Rappelle-toi et pense à moi sur la croix malgré mes souffrances et mon agonie, une grande joie inondait mon âme en voyant ma Divine Mère, malgré sa douleur elle est restée courageuse, debout près de la croix. Puis j’entendis les pleurs de Marie-Madeleine, malgré sa peine elle me donnait une preuve de sa fidélité et de son amour en me suivant jusqu’à la croix. Mais une autre joie secrète a été lorsque j’ai entendu les paroles du bon larron me demandant de me souvenir de lui dans mon royaume. N’est-ce pas là le plus beau témoignage de confiance, d’amour et de foi venant d’un cœur libre, remarque bien il était libre. Avec quel amour mon Père s’est penché vers cette âme confiante et sincère. 

En ce moment beaucoup de gens visitent mon reposoir. Que d’âmes me rendent visite pour satisfaire leur curiosité. Quelques âmes m’offrent des actes de réparation, mais les actes de demande sont en plus grand nombre. Peu d’âmes pensent à nous offrir leur vie telle que nous la voulons mon Père et moi. C’est le plus grand hommage que l’on puisse nous offrir. Vois-tu l’importance de la vie pour nous? La vie de chaque être est aussi ma vie! Et cette vie-là unie à la volonté de mon Père, simplement par amour, avec quelle joie nous accepterions ces offrandes. Si tous les hommes comprenaient qu’en nous faisant le don de leur vie, ils nous offrent la plus grande preuve d’amour et de foi. Quelle consolation pour nous, sois du nombre ma petite. » 

– Mimi : « Par amour mon Bien-Aimé je t’offre ma vie telle que tu la désires. Je veux que chaque battement de mon cœur soit un acte d’amour parfait. En union à toi, mon Bien-Aimé, je veux m’offrir continuellement tous les jours pour rendre grâce à Dieu le Père et je veux te suivre à la recherche des âmes. J’aimerais causer plus longuement avec toi, mais mon devoir m’appelle. Cependant tu ne me quittes pas complètement puisque tu es en moi et que je suis en toi. »

Le soir à la maison. 

Il me dit : 

– Jésus : « Ne fais pas comme mes apôtres, ne dors pas. Veille et prie avec moi, c’est mon agonie qui commence. J’ai besoin de tes souffrances, de ta nuit même. Si tu voyais en ce moment toutes les âmes qui m’échappent et me fuient. Quel triste spectacle pour un Dieu, aide-moi je t’en supplie! Prie, offre, demande miséricorde pour toi et pour ceux qui n’y pensent pas et ne veulent pas croire à ma bonté infinie. Mon cœur n’est-il pas un océan de miséricorde? Ma chère petite fille, ne me laisse pas seul; veille, souffre et prie avec moi. Ma solitude est tellement grande! Pense un peu, le don de l’amour n’est-il pas le don total de tout son être? Ma petite fille, lorsque ton âme sera en agonie je me rappellerai cette nuit où tu ne m’as rien refusé. Ne crains rien je veillerai sur toi. »

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3 avril 1953
Vendredi Saint


– Mimi : « À peine quelques heures de sommeil. Il est 7 heures, je commence à travailler avec toi. » 

– Jésus : « Ma petite fille, offre-moi toutes tes actions avec amour, aie une entière soumission à ma Sainte Volonté. » 

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, fais de moi ce qu’il te plaira, je suis à toi pour toujours, je t’aime tant ô mon amour! » 

– Jésus : « Ma pauvre petite fille, acceptes-tu de partager mes souffrances de ce jour pour obtenir la conversion des pauvres âmes? Si oui offre-moi tout par amour. Écoute-moi bien, sois très attentive à ce que je vais te dire. Beaucoup de gens ont une grande dévotion à mes cinq plaies, mais il y a eu une sixième plaie, celle que faisait la croix sur mon épaule gauche. Avec la permission de ton directeur, j’aimerais que tu partages avec moi cette sixième plaie. Je t’inspirerai ce qu’il faudra faire. Après la flagellation et le couronnement d’épines, le portement de la croix ne m’a pas quitté. Vois-tu l’importance de la croix et de la 6e plaie? 

Par amour pour moi, offre-moi ton silence devant tant de mépris et d’ingratitude, je permets cela, en souffrant toi-même, tu me comprendras mieux. Ne pense pas à toi en ce moment, pense à moi ton Bien-Aimé.  

Malgré la fièvre qui s’empare de tout ton être et la soif que tu ressens, pense à ma soif des âmes et à la sécheresse des cœurs, tu es parfois du nombre. 

N’oublie pas qu’il me faut beaucoup d’âmes et les âmes s’achètent par la prière et le sacrifice fait par  amour.  

À trois nous ferons du beau travail pour honorer la gloire de mon Père. Souviens-toi de notre entretien des quarante heures où je te demandais de prier et souffrir. Je demandais aussi à ton directeur d’offrir et de travailler, le reste je m’en chargeais. C’est aujourd’hui le temps de travailler ensemble, de commencer notre travail d’équipe. » 

– Mimi : 3 heures de l’après-midi. 

– Jésus : « Fais le chemin de croix à genoux et reste dans la même position malgré tes souffrances, offre-moi tout par amour et en réparation de tant de péchés. Combien de gens préfèrent leur corps à mon corps divin, tu le sais par expérience. 

Ma pauvre petite, mortifie ton corps. Pour te donner la force et le courage regarde mon pauvre corps ensanglanté sur la croix, toujours dans la même position. Crois-tu que quelques gouttes de sang ont suffi pour le salut des âmes? Non. Cependant quelques gouttes de sang uni au mien, sont très utiles puisque ce même sang devient le sang d’un Dieu. Ne sommes-nous pas qu’un maintenant? Toi, moi. Merci de ton courage et ta fidélité à me suivre. Ce que tu souffres en ce moment n’est rien, malgré tout, ta croix est légère. Sans moi tu n’es rien. Ne me quitte pas! »

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Samedi, 4 avril 1953

 – Mimi : « Mon Dieu, je crois, je vous aime, j’ai confiance et j’espère tout de vous. Vous êtes le Tout-Puissant, aidez-moi s’il vous plaît, je ne puis rien sans vous. 

Mon Bien-Aimé, comme Marie-Madeleine, je te cherche, où es-tu? Mon esprit s’égare, je suis dans les ténèbres, je souffre tant, je suis là devant toi et je reste insensible comme une statue. Mon cœur est froid, mon esprit semble couvert d’un voile épais, j’ai la mort dans l’âme. Je souffre, entends-tu mes plaintes? Cependant que ta Sainte Volonté soit faite. Mon Bien-Aimé, malgré toutes les apparences, garde-moi près de toi, je ne suis rien sans toi. Pour me soumettre à ta Sainte Volonté, par esprit de foi et d’amour, je travaillerai aujourd’hui avec toi par amour. » 

Dans l’après-midi. 

– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé pour le petit rayon de soleil si encourageant venant de mon directeur. Je constate qu’il travaille beaucoup pour les âmes. Il ne faut pas qu’il travaille seul. J’ai promis de participer au travail d’équipe. En dépit de mon état d’âme, je prierai, je souffrirai tout par amour, pour obtenir la conversion des pauvres pécheurs pour qu’ils approchent du tribunal de la pénitence, qu’ils aient une foi vive et un sincère repentir, mais surtout un ferme propos de ne jamais te déplaire à l’avenir. 

Je prierai spécialement pour que toutes les âmes mettent plus d’amour de Dieu dans leur vie, qu’ils gardent leurs bonnes résolutions et mettent en pratique les conseils donnés par les représentants de Dieu. »  

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 5 avril 1953
Dimanche de Pâques

– Mimi : « Mon Bien-Aimé resserre les liens qui nous unissent, une certaine crainte s’empare de mon esprit au sujet de ma vocation. Je me demande, suis-je bien où tu me veux? Si j’étais dans l’état de mariage, j’aurais probablement plus de mérites en fondant un foyer, en donnant la vie à des petits êtres. Plus tard ma solitude serait moins grande, je pourrais partager mes ennuis et mes responsabilités avec mon époux, puis recevoir l’affection des miens. D’un autre côté, si j’étais dans une communauté j’aurais une sécurité morale assurée. En restant dans le célibat, j’ai l’impression de faire une vie égoïste et inutile. Mon Dieu, je me sens si seule et à part des autres. » 

– Jésus : « Si je t’ai placée à part des autres, comme tu le dis, c’est que je désire que tu sois entièrement tout à moi. J’attends et te demande beaucoup, car tu as une mission à remplir; plus tard tu comprendras, pour le moment fais-moi confiance! Si je t’avais placée dans l’état de mariage, ton cœur aurait été partagé entre ton époux et moi! Entre ton devoir d’état et ta mission! Si je t’avais placée dans l’état de vie religieuse, tu aurais moins mérité parce que tu n’aurais eu qu’à suivre un règlement déjà établi. Quelle lutte aurais-tu eu à entreprendre en ayant une vie régulière et calme ? 

Ma pauvre petite reste où je t’ai placée. Il faut que tu sois seule pour accomplir la mission que je te destine et te confie. Si tu désires bien remplir ton rôle, je te demanderai beaucoup. D’abord, plus d’affections humaines, plus d’attachement aux choses créées, plus de regrets, que ton esprit reste libre, plus de préoccupations. 

Veux-tu me suivre? Mon grand désir est de faire de toi mon épouse. Je t’en supplie, arrache, déracine de ton cœur, de ton esprit tout ce qui peut nuire à notre union. 

Je te veux détachée de tout et de tous! Je te demande une vie d’abnégation continuelle. Ma pauvre petite, en acceptant tout par amour, as-tu l’impression de faire une vie égoïste et inutile? Ne m’as-tu pas déjà tout donné? Pourquoi craindre pour l’avenir puisque je serai avec toi. Tu me peines beaucoup en te laissant aller à ces rêveries. Promets-moi que c’est la dernière fois que tu agis de la sorte. Ma petite fille, fais-moi confiance. Moi, ton Bien-Aimé, si tu savais comme je t’aime malgré tes faiblesses. Un jour tu comprendras! Ne me quitte pas, tu as besoin de moi et j’ai besoin de toi. 

Je te le répète, si je t’ai appelée à ce genre de vie ce n’est pas pour te faire entreprendre une vie égoïste. Au contraire, il te faudra tout donner, comme j’ai tout donné par amour. Je te veux à moi, moi seul. N’ai-je pas le droit, moi ton Créateur, de te placer à l’endroit où je veux?  Comme je le veux?  

Pour t’aider je te donne ma Divine Mère pour modèle. Sois humble comme elle, purifie toutes tes actions, soumets-toi entièrement par  amour à ma Sainte Volonté, porte ta croix avec amour : Voilà le secret de sainteté. 

Si tu désires que ton âme ressuscite un jour dans la gloire de mon Père, crois en moi, en mon amour pour toi, ne me quitte pas. »

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Lundi, 6 avril 1953

– Mimi : Aujourd’hui Jésus me demande beaucoup. Je constate que mon amour grandit, je ne puis rien lui refuser. Je suis toujours dans la même situation morale. Je ne ressens rien, c’est le vide complet. Je ne marche que par les trois vertus théologales.  

− Mimi : « Merci mon Bien-Aimé du petit rayon de soleil. Il me faut beaucoup d’esprit de foi pour faire ce que je dois entreprendre aujourd’hui. Je m’appuie sur l’espérance, sans oublier la charité que je garderai constamment devant moi. Mon Dieu, je vous aime, j’ai confiance en toi mon Bien-Aimé, j’ai besoin de toi. Protège-moi, je suis si faible, je ne puis rien sans toi. » 

Dans l’après-midi. 

On me parla d’une personne en la critiquant, puis dans la conversation j’ai ajouté ma critique personnelle. 

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, je te demande sincèrement pardon. Je constate combien cette critique a dû te faire de la peine et pour te prouver mon repentir, je vais réparer aujourd’hui même. À l’avenir je garderai le silence devant cette personne. Vois comme je suis faible, même dans les petites choses. 

Mon Bien-Aimé, toi le Dieu des forts, je me réfugie près de ton cœur, apprends-moi à rester forte dans ces petites luttes, donne-moi la main. Je crains tant et j’ai peur. Entends-tu mon appel?  M’entends-tu crier vers toi malgré ton silence? Je souffre, personne ne peut savoir ce qui se passe en ce moment dans mon esprit. 

Quelle lutte! Mon Dieu, je crois, je vous aime, j’ai confiance en vous, j’espère et j’attends tout de vous. Bonsoir mon Bien-Aimé, est-ce que j’ai bien travaillé aujourd’hui? Es-tu content de moi? 

Si je pouvais comprendre ton silence! 

                                                           À demain. »

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Mardi, 7 avril 1953 

– Mimi : « Bonjour, mon Bien-Aimé, je désire passer ma journée avec toi. Je ferai mon possible pour ne pas te déplaire en rien. Je t’aime tant. Aujourd’hui il me faudra beaucoup de patience. Je compte sur toi. Par amour pour toi je vais être très patiente et surtout très charitable. Mon Bien-Aimé je souffre terriblement moralement. » 

– Jésus : « Ma pauvre petite, pense à mes souffrances. Offre ces souffrances pour obtenir la conversion des pauvres pécheurs qui n’osent pas s’approcher de moi, de mon sacrement d’amour, des sacrements. Pourquoi craignent-ils, ne suis-je pas la bonté infinie, le Dieu de miséricorde? Pauvres âmes, je t’en supplie ne sois pas du nombre. Fais-moi confiance, moi ton Dieu, ton ami. » 

– Mimi : « Merci mon Dieu, j’ai remporté une petite victoire sur mon orgueil, merci de ton aide. » 

Visite à l’église pour quelques instants. 

– Mimi : « Je veux m’approcher de plus en plus de toi. Mon Bien-Aimé je suis si fatiguée, je viens me reposer un peu près de toi et aussi pour te dire que je t’aime. Mon Bien-Aimé donne-moi la force pour continuer ma journée. » 

– Jésus : « Oui ma petite, je vais t’aider, cependant n’oublie pas toutes mes fatigues endurées par amour pour toi et les âmes. Si j’étais là près de toi, m’offrirais-tu une figure fatiguée, attristée? Pourquoi l’offres-tu aux autres?

Je sais que tu souffres beaucoup, mais si c’est par amour pour moi, pourquoi es-tu triste? Un sourire coûte si peu, donne-le aux autres, c’est à moi que tu l’offres et j’en suis heureux. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, je te demande pardon si je t’ai offensé, à l’avenir je te promets d’être plus généreuse. Je te demande ton aide, j’ai beaucoup à faire pour me corriger, mais surtout pour réparer. Je te demande encore une fois ton aide. Je souffre, mon âme pleure, cependant je t’offre mon plus beau sourire, donne-moi la force de garder mon sourire aussi pour mon prochain. 

La situation est toujours la même et j’en souffre. Mon Bien-Aimé ne me laisse pas à moi-même. J’ai besoin de toi à chaque instant de ma vie, sans toi je ne puis rien.

Bonsoir mon Bien-Aimé, repose-toi bien, je veillerai, je ne puis dormir ce soir, je souffre trop. Je t’offre mon insomnie, je pense à toi, aux âmes des pauvres pécheurs et dire que je suis du nombre! Je prierai pour la délivrance des âmes du purgatoire. 

                À demain. »losange02

Mercredi, 8 avril 1953

– Mimi : « Quelle belle journée ô mon Bien-Aimé! Je veux travailler avec toi, je constate qu’il me faut beaucoup de charité.

Comme le démon me tente, comme il me suggère une certaine petite vengeance. Mon Dieu, aide-moi. Par amour pour toi je serai très charitable. Mon Bien-Aimé, enlève de mon cœur tout sentiment contraire à la charité, augmente en mon âme toutes les vertus. Je compte sur toi, je désire tant te plaire, mais je suis si faible, je constate de plus en plus mon impuissance. Ne me laisse pas seule à lutter, donne-moi la main. Je souffre tellement physiquement, le mal augmente de plus en plus. Toi seul es témoin de cet état. Je souffre tous ces maux pour obtenir la conversion des pauvres pécheurs et aussi pour obtenir le pardon de mes nombreux péchés. Aide-moi à garder mon sourire malgré tous mes doutes et les petites injustices de toutes sortes venant de mon prochain. Autant de preuves pour te prouver mon amour. Merci du petit rayon de soleil. À mon grand regret je te quitte pour un peu de repos.

Ma douce Maman du ciel, voudrais-tu déposer sur le front de ton Fils Bien-Aimé un doux baiser pour moi, afin de lui faire oublier mes manquements de la journée.

Bonne nuit. Mon bon ange veille sur mon sommeil. Bonsoir mon Bien-Aimé. »

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Jeudi, 9 avril 1953

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, donne-moi la force et la patience nécessaires pour passer cette journée sans t’offenser, même légèrement. Je t’offre tout par amour. Tu sais dans quelle condition de vie je me trouve en ce moment. Mon Bien-Aimé donne-moi aussi s’il vous plaît la force physique. Mon cœur est très fatigué, j’ai un gros lavage à faire, je peux à peine me servir de ma main droite. Je travaille avec beaucoup de difficulté, aide-moi s’il vous plaît.

Merci mon Bien-Aimé du rayon de soleil, cela me donne la force et du courage de savoir que tout est compté et qu’il n’y a rien de perdu. Mon directeur m’aide tellement et m’assure qu’en acceptant tout par amour je puis du même coup expier et mériter, n’est-ce pas merveilleux ô bonté infinie!

Malgré mon indignité tu vas venir dans mon âme demain, il faut que je me prépare par des actes d’amour et de confiance. Augmente en mon âme le désir de te recevoir avec tout l’amour et le respect possible, enlève de mon âme tout ce qui te déplaît. J’ai hâte de te recevoir ô mon amour! Je ne veux pas m’arrêter à tous mes soucis et problèmes, je te les confie et je suis certaine qu’ils seront en sécurité entre tes mains. Que ta volonté soit faite mon Bien-Aimé et non la mienne. J’ai tant besoin de toi, je te désire tellement.

N’est-ce pas mon Bien-Aimé qu’une âme coûte cher? Pauvres âmes, il me les faut pour toi. Tu me demandes de t’offrir toute ma soirée. Je souffre beaucoup, peu importe puisque c’est pour toi et les âmes. 

Mon amour tu sais bien que chaque heure du jour et de la nuit est à toi, et ce que tu désires, je le désire aussi.

À demain et bienvenue dans ma pauvre âme, je suis à toi pour toujours. »

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Vendredi, 10 avril 1953

 Mimi : À peine quelques heures de sommeil, cinq heures du matin. 

− Mimi : « Bonjour mon Bien-Aimé, as-tu bien reposé cette nuit le temps que je travaillais pour toi? Me voilà prête à recommencer encore aujourd’hui.

Merci, merci mon Bien-Aimé d’être venu chez moi ce matin. Ce grand bonheur et ce grand privilège, c’est à mon directeur que je les dois. Comme il est bon, il fait preuve d’un dévouement sans borne. Mon Dieu bénissez-le d’une manière particulière. Mon Bien-Aimé accorde-moi la grâce de t’aimer comme il t’aime. Je le vois encore prenant entre ses doigts cette petite hostie avec tant de respect et d’amour pour te donner à moi. Dans quelques instants tu étais là présent en mon âme, ô mystère insondable de l’amour! Avec quelle confiance et quel amour je me prosterne devant toi, ô Dieu Tout-Puissant, pour t’adorer. Je suis là près de toi, moi ta pauvre petite créature; de plus en plus je me rends compte de mes faiblesses, de ma lâcheté. Quand je pense à ma vie, ma pauvre vie! Malgré tout, mon Bien-Aimé, tu daignes venir en moi et tu désires que je devienne un jour ton épouse. Je suis si heureuse en ta présence, ton étreinte est tellement forte, il me semble que mon cœur se dilate. Je ne puis exprimer ce que je ressens, mon bonheur est trop grand. Seul l’amour de Dieu peut produire un tel effet. Merci mon Bien-Aimé, je t’adore et je t’aime.

Tu me demandes de sacrifier ces doux moments si intimes où nous sommes plus qu’un. Pour remplir mon devoir, je m’incline devant ta Sainte Volonté et tout en faisant mon travail, nous nous aimerons en silence. Je te parlerai et j’écouterai. Que de choses à nous dire n’est-ce pas?

Aide-moi à garder mon sourire avec le No. 2 (une personne qui est malade mentalement et qui demeure avec nous depuis 7 mois.) J’aimerais mieux causer avec toi. Cependant, par amour pour toi, je m’efforcerai à paraître intéressée à la conversation qui durera plusieurs heures. Je souffre, que c’est dur, je me sens très fatiguée et cette situation dure depuis 7 mois. J’ai besoin de toi, aide-moi à ne pas manquer à la charité et à rester calme. Je ne voudrais pas la blesser par aucun geste d’impatience. Toi qui es présent en moi, j’ai confiance en toi, sans toi je ne puis rien.

Tu as encore besoin de moi mon Bien-Aimé, que puis-je te refuser après la grande preuve d’amour de ce matin. Me voilà, je t’offre tout par amour et pour les âmes. Ma journée n’est pas encore finie, de 8 heures à 11 heures et la lutte n’est pas terminée. Je souffre, quel supplice! Mon Bien-aimé, je m’efforce de penser à toi, à ce que tu as enduré par amour pour moi et les âmes, seulement je sens mes forces diminuer, je veux lutter. Je m’appuie sur toi, mon seul courage est en toi. Je t’en supplie, donne-moi la force de continuer jusqu’au bout. Dans cette épreuve je suis seule à lutter, mais il faut que je sois courageuse et que je garde mon sourire devant ma chère maman qui est malade au lit depuis 7 mois, souffrant du cœur. Merci du rayon de soleil qui arrive toujours à temps. »

– Jésus : « Ma petite, reprends courage, confie-toi à ton directeur. Écoute-le bien, c’est moi qui te parle en lui. »

– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé de m’avoir aidée. Maman semble ne pas avoir constaté cette lutte intérieure. Merci aussi à l’Esprit Saint qui m’a éclairée pour trouver les mots qu’il fallait pour encourager ma chère malade. J’ai fait mon possible pour augmenter sa confiance malgré l’état où je suis.

Je ne cessais de lui dire, ne crains rien maman. Il est avec nous, n’oublie pas il est Tout-Puissant, jetons-nous entre ses bras comme des petits enfants. Ayons pleine confiance en lui. Il ne peut nous abandonner. Il me faut faire face à mes deux numéros 1 et 2. Viens avec moi, donne-moi la main, je tremble et j’ai peur. 

Maman du ciel, protège ma maman de la terre, elle est sans défense et malade. La situation devient de plus en plus intolérable. Ma douce Maman du ciel enveloppe-moi dans ton manteau de gloire, je me sens de plus en plus faible, mon cœur ne peut plus supporter. Ô Mère des douleurs, regarde ton enfant qui souffre et pleure et qui te demande ton assistance s’il vous plaît. »

Bonsoir mon Bien-Aimé. Ta petite fille qui souffre par amour pour toi.

                                                                                                               À demain! »

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Samedi, 11 avril 1953

Six heures. 

− Mimi : « Bonjour mon amour! Encore une journée avec toi, c’est-à-dire pour travailler avec toi par amour. Donne-moi la force pour bien accomplir ce que tu me demanderas. Tu sais, mon Bien-Aimé, que je souffre de toutes sortes de manières devant tant d’injustice. Aide-moi à garder le silence comme tu as su garder silence devant toutes mes injustices et mes manquements de chaque jour. Merci du petit rayon de soleil qui m’encourage et me donne la force parce que je sais que je ne travaille pas seule pour les âmes. Merci aussi mon Bien-Aimé de me fournir l’occasion d’expier toutes mes fautes et par le fait même te prouver mon amour. Augmente en mon âme toutes les grâces dont j’ai besoin pour mieux te servir et pour te suivre avec fidélité afin d’atteindre un jour mon idéal. Sans toi je ne puis rien, je ne suis rien.

Ma douce Maman du ciel, apprends-moi à dire mon fiat chaque jour. Je te demande, s’il vous plaît, de mettre un rayon de joie et d’espérance dans le cœur des pauvres pécheurs. Comme ils doivent être malheureux sans toi, sans lui dans leur vie.

Garde-moi bien près de ton cœur, je ne veux pas te perdre. Tu sais ma pauvre nature est si faible et le danger est si grand! C’est avec confiance que je m’adresse à toi, ma douce Maman du ciel et je te confie toutes les âmes qui souffrent. Encore une autre demande : voudrais-tu, lorsque je récite mon chapelet, offrir pour moi chaque Ave à ton Fils Bien-Aimé pour qu’il les présente à son tour à Dieu le Père. Je sais que chaque Ave entre tes mains sera purifié et plaira davantage à Dieu.

Bonsoir, je t’offre mon sommeil même avec mes cauchemars, je souffre, mon cœur fait si mal, personne ne peut savoir.

Maman, ma douce Maman, tu veux bien me bercer entre tes bras, j’ai besoin de me sentir près de ton cœur de Mère, berce-moi doucement, bien doucement comme tu faisais avec ton cher trésor. Ne suis-je pas aussi ton enfant? Je sais que je ne mérite pas tant, cependant je sais que dans le cœur d’une maman il y a toujours de la place, surtout pour les plus faibles.

Maman je suis si faible, si malade, je suis si misérable. Je t’en prie laisse-moi reposer sur ton cœur. Je dépose une dernière fois sur ton front un doux baiser. 

 À demain mon Bien-Aimé! »

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Dimanche, 12 avril 1953

– Mimi : « Bonjour mon Bien-Aimé, la journée ne semble pas très gaie, toujours la même situation qui dure depuis sept mois. Puisque tu le désires ainsi, j’accepte tout par amour, puis j’ai tellement à me faire pardonner. Je profite de l’occasion pour expier. Mais je t’en supplie, donne-moi la force et le courage. On a jugé bon de ne plus partager le repas avec moi, je suis seule, comme la solitude me pèse. 

– Jésus : « Ma petite, offre-moi cette épreuve en expiation de tes fautes, de tes négligences. Rappelle-toi ma pauvre petite, combien de fois je t’ai attendue!

Que de fois je convie les âmes à mon banquet eucharistique! Peu d’âmes acceptent mon invitation! Par négligence et par ton manque de ferveur, que de fois tu me laissais seul pour prendre mon repas. Malgré les apparences je suis là près de toi, bien près. Tu dis que la solitude te pèse, ne sois pas égoïste, pense un peu à moi dans ma solitude de tous les jours dans le tabernacle, prisonnier de mon amour.

Pauvre nature humaine qui n’est jamais satisfaite. Vous semblez oublier que je vous aime, que je suis votre Dieu, que j’ai le droit de commander. Ma pauvre petite, tu dis m’aimer, mais tu murmures. C’est précisément parce que je t’aime que je permets ces épreuves, si utiles pour toi. Plus tard tu comprendras mon amour. »

– Mimi : « Pauvre Jésus quand donc pourrais-je comprendre l’importance des épreuves et de mes petites croix? Pardonne-moi, comme je suis lâche.

Ma douce Maman apprends-moi à être patiente et généreuse à ton service, donne-moi s’il vous plaît le courage de supporter les épreuves de cette vie et d’aimer ma croix. Ne me laisse pas seule. 

                                                                À demain! » 

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Lundi, 13 avril 1953

– Mimi : « Tout pour toi mon Bien-Aimé, ne m’abandonne pas s’il vous plaît, j’ai besoin de toi, mon refuge, ma force, mon soutien, je ne puis rien sans toi. »

– Jésus : « Ma petite, je t’ai envoyé cette épreuve pour te tenir dans l’humilité et pour t’obliger à recourir à moi sans cesse. »

– Mimi : « Je me sentais si seule, ayant cependant à mes côtés mes deux numéros 1 et 2. La situation se complique. Par amour pour toi je m’efforcerai de leur répondre avec calme et douceur, mais voilà que l’on me parle avec rudesse et sèchement. Je souffre terriblement de cette situation. Comme il faut que je t’aime, mon Bien-Aimé pour accepter cela sans rien dire. Si tu n’étais pas en moi, ma nature se révolterait; je sais que je mérite bien cela et que j’ai beaucoup à me faire pardonner. Mon Bien-Aimé, oui, j’accepte tout par amour, je veux te suivre, je veux expier et mériter. Je t’offre mes peines, mes luttes, mes difficultés, mes misères de chaque jour. J’ai confiance en toi, mais regarde ma faiblesse, aide-moi s’il vous plaît.  

Le soir.

– Mimi : « Que de courage il me faut pour combattre cet état d’âme! Mon Dieu j’ai besoin de toi, tout de suite… Le démon est là près de moi.

Merci, merci, encore une victoire de gagnée! La lutte a duré trois heures, merci de ton aide mon Bien-Aimé, sans toi je n’aurais pu résister à la tentation. Comme cela m’aurait fait plaisir de me défendre, de répondre aux accusations. Mais j’ai pensé à toi durant ce temps, je me rappelais ton silence devant l’injure, l’accusation, que tu ne méritais pas. Tu as tout accepté par amour pour moi. Pour te prouver ma sincérité et ma reconnaissance, je désire tout ce qu’il te plaira de m’envoyer pour le plus grand bien de mon âme. Ô Jésus apprends-moi à bien porter ma croix de chaque jour et à l’aimer.

Bonsoir ma douce Maman!

À demain mon amour, enlève de mon esprit cette aversion qui vient de prendre naissance dans mon cœur. Fais naître en moi d’autres sentiments envers mes deux numéros, qu’il est difficile de dire parfois : j’aime mon prochain comme moi-même pour l’amour de Dieu. Sans toi je ne puis rien, mais avec toi je puis tout.»

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Mardi, 14 avril 1953

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, une autre journée avec toi, ne me quitte pas, j’ai besoin de toi. »

– Jésus : « Ma petite, je suis heureux de constater avec quelle franchise et simplicité tu as su te confier à ton directeur cet après-midi. Je désire qu’il en soit toujours ainsi.

Ma pauvre petite, ne doute plus de moi et garde bien les conseils de celui qui te dirige, car je me manifesterai en lui, donc plus de doutes et confiance! J’aime la simplicité de l’enfant qui, voyant sa grande faiblesse, son impuissance, demande de l’aide. Donc plus de gêne, reste pour moi une petite fille, bien petite. Je t’aime comme cela, reste entre mes bras. Confie-toi davantage à ton directeur, il peut t’aider, car il a beaucoup souffert, il comprend ton état, ayant lui-même passé par bien des épreuves. Sa force était en moi. Tu sais nous avons tous les trois le même but, le même idéal, celui de sauver les âmes. »

– Mimi : « Comme je me sens seule pour le repas du soir! »

– Jésus : « Mais tu n’es pas seule, je suis là avec toi, en toi. Je partage même ton repas qui est délicieux, car il est fait de sacrifices, de peines, d’ennuis, mais ce qui me plaît davantage dans ce repas c’est l’amour et la confiance que tu m’offres. N’est-ce pas assez pour me rassasier, moi le grand affamé, le mendiant d’amour? »

– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé pour tant de bonté. Dans ma joie je n’oublie pas mon directeur, je prie pour lui tous les jours, je lui dois tout, mon âme lui a coûté si cher. Je ne veux pas être une ingrate et je dois lui faire confiance. À l’avenir je lui dirai tout. Mon Bien-Aimé, augmente en moi le désir du ciel. Je te le demande aussi pour les pauvres âmes qui n’y pensent pas. Ma devise pour demain sera…la croix et les âmes.

Bonsoir ma douce Maman, je remets mon âme entre tes mains.

Mon Bien-Aimé je te demande pardon pour toutes mes fautes et mes lâchetés d’aujourd’hui. »

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Mercredi, 15 avril 1953

– Mimi : « Es-tu là mon Bien-Aimé? Je peux à peine me tenir debout, je souffre trop. Mes forces diminuent de plus en plus, aide-moi s’il vous plaît. J’ai tellement mal à la main droite. Déjà un mois que je me suis blessée, la guérison est bien lente. J’ai beaucoup de travail à faire. »

– Jésus : « Ma pauvre petite, pourquoi doutes-tu? J’entends tes plaintes, je vois tes pleurs, j’écoute les élans de ton cœur, je suivais tes luttes. Si j’ai fait la sourde oreille à tes demandes j’étais cependant tout près, dans ton cœur. J’ai voulu me reposer un peu. Je dormais pendant que tu travaillais à ma place. Dis-moi, est-ce que je peux compter encore sur toi? Ce qui m’attriste en toi c’est ton manque de confiance à certains moments. Si tu voulais comprendre, si tu étais persuadée de mon amour pour toi. Ma pauvre petite, que veux-tu de plus? »

– Mimi : « Je sais que je suis faible, et j’oublie facilement. Je te demande pardon. Tu me demandes beaucoup, mais chacune de tes demandes est accompagnée d’une grâce. J’accepte tout par amour, aide-moi s’il vous plaît. Comme toi je veux garder le silence, voilà presque trois heures que je lutte, je ne peux plus supporter ces éclats de rire venant surtout de mes deux numéros et de quelques personnes. On semble prendre plaisir à m’humilier, à me faire travailler plus, plus que je ne suis capable.

Mon Dieu je sens ma nature se révolter contre ces injustices. Mon Bien-Aimé donne-moi assez d’humilité pour accepter en silence toutes ces épreuves en expiation de mes fautes et assez d’amour pour tout souffrir pour toi. 

Je veux croire en toi, j’ai confiance en ton amour pour moi. J’ai besoin de te le redire souvent combien je t’aime mon amour, mon Bien-Aimé, mon Dieu. 

                                                                                                               À demain.   

Je devais communier.

– Mimi : « Tu désires quand même venir dans mon âme, regarde mes misères, mes fautes, mes défauts, mon âme est si malade. J’ai honte de t’offrir mon âme dans cet état. »

– Jésus : « Ma pauvre petite, quel bonheur aurais-je à visiter une âme où il n’y aurait rien à faire? C’est bien parce que tu es malade que je viens en toi. »

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Jeudi, 16 avril 1953

– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé d’avoir allégé un peu ma croix en me donnant la force nécessaire pour endurer ces épreuves. »

– Jésus : « Ma petite, moi aussi je te remercie d’avoir accepté ces petites croix par amour pour moi. Je sais que la lutte a été très dure, j’ai permis ce combat pour te purifier davantage, pour te tenir dans l’humilité la plus absolue. Je t’en supplie, laisse-moi travailler en ton âme afin d’enlever tous les obstacles à notre union. Je veux te rendre très agréable à mon Père. Je t’aiderai selon ta confiance et l’intensité de ton amour. »

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Vendredi, 17 avril 1953

– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé d’être venu chez moi ce matin. Je te désire avec toute l’ardeur de mon âme. Je ne puis vivre sans toi.

Depuis deux jours tu déposes sur ma tête ta couronne d’épines. Je t’en supplie, aide-moi à la porter avec patience, avec amour. Je souffre horriblement. Toi seul peux savoir, mais je suis heureuse de pouvoir contribuer à ton œuvre pour le salut des âmes. La situation demeure toujours la même, mais je t’offre tout par amour. Merci de m’aider dans cette lutte, sans toi je ne puis rien.

Les circonstances ont permis que je rende service à mes deux numéros, même de me mettre à genoux devant elles, ce qui amusait beaucoup ses amies. Il me semble encore entendre son rire, voir toutes ces figures. Comme le démon en profite et me suggère toutes sortes de moyens pour fuir cette humiliation que tu permets. Pauvre nature humaine, je me sens si seule, sans défense, aide-moi s’il vous plaît, je souffre, voilà 4 heures que cela dure, mais puisque c’est pour toi. Par esprit d’humilité et d’amour je me soumets entièrement à ta Sainte Volonté.

Visite pas très encourageante chez le médecin.

Je te quitte, à demain. Merci pour toutes les grâces obtenues aujourd’hui.

Est-ce que je travaille comme tu le désires? »

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Samedi, 18 avril 1953

– Mimi : « J’ai besoin de toi aujourd’hui. Comme je dois faire un grand effort pour ne pas me fâcher, pour ne pas intervenir, la situation est toujours la même. Aide-moi je t’en supplie, je n’ai pas la force de résister, sans toi je ne puis rien.

Ô ma douce Maman du ciel, apprends-moi à dire mon fiat comme il le faut. Je t’offre tout par amour et je veux accepter tout en expiation de mes péchés et aussi pour obtenir la conversion des pauvres pécheurs. Comme je les plains, comme je les comprends. 

Mon Bien-Aimé donne-moi, s’il vous plaît, la force de garder le silence. Je te remercie de m’avoir aidée. J’ai été tentée à plusieurs reprises de répondre aux accusations portées contre moi, j’avais la chance de me défendre, d’avoir une bonne explication. Mais pour te faire plaisir, j’ai préféré garder le silence. J’ai pensé à toi, je te voyais chez Pilate devant toutes ces accusations. Tu n’as répondu que par un silence. Tu as enduré cela par amour pour moi et par la suite combien de fois tu as gardé le silence sur mes fautes! En reconnaissance pour tant de bonté, je t’ai offert ma journée.

Merci ma douce Maman, garde-moi bien près de toi, je suis si faible.

Bonsoir, à demain, j’allais oublier, mon Bien-Aimé enlève de mon cœur ce sentiment de rancune qui se glisse en moi. Prends possession de mon cœur, de mon esprit. Garde-moi bien humble s’il vous plaît. »

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Dimanche, le 19 avril 1953

– Mimi : « Bonjour mon Bien-Aimé, comme j’ai un grand besoin de toi. La situation se complique de plus en plus, donne-moi le courage nécessaire, donne-moi s’il vous plaît la force de lutter, de résister à la tentation, je suis si faible. Pourquoi mon cœur est-il troublé? Mon âme est inquiète, la croix est devenue un fardeau pour moi. Mon Bien-Aimé je te lance un S.O.S. je n’en peux plus, je souffre toujours et ce doute qui ne me quitte pas. Je marche sans cesse dans l’obscurité, comme je suis méchante, mes défauts sont si nombreux.

Mon Bien-Aimé enlève, arrache de mon cœur cet esprit de vengeance, de rancune. Le démon me tente de me disculper, de faire face à la situation, de faire valoir mes droits. Ce n’est pas juste me dit-il. Mon orgueil se laisse prendre dans ses filets.

Pauvre nature, comme je suis faible, remplie de défauts, d’imperfections de toutes sortes. Malgré tout tu m’aimes mon Bien-Aimé. Je te demande sincèrement pardon, je suis certaine que j’ai dû te faire beaucoup de peine en me laissant guider par mon amour-propre. Comme je regrette tout, j’ai honte de ma conduite à ton égard. »

– Jésus : « Ma pauvre petite, j’ai permis cela pour te laisser à toi-même afin de bien te faire comprendre que sans moi tu ne peux rien, que tu n’es rien. Ma petite, comme il te faudra beaucoup lutter pour déraciner de ton cœur tout ce qui peut nuire à ta sanctification. Je te demande une grande humilité et une entière soumission à ma Sainte Volonté. Demande à ma Divine Mère de t’aider. N’est-elle pas le modèle de l’humilité la plus parfaite? »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, avec toute l’ardeur de mon âme je te fais cette prière :

« Jésus, doux et humble de cœur,
rends mon cœur semblable au tien.»

Comme je t’aime, que ta bonté est infinie. Mon amour, après tant de preuves d’ingratitude, tu daignes penser à moi avec une délicatesse tellement grande que je te retrouve toujours prêt à me pardonner. 

Merci du petit rayon de soleil qui m’aide tellement. Mon Bien-Aimé, en réparation de mes chutes répétées qui te blessent et te peinent, je te demande encore une fois pardon. Aide-moi s’il vous plaît à entreprendre la lutte, je comprends que sans toi je ne suis rien et j’ai la certitude que sans toi je ne puis rien. Toi, le Tout-Puissant, change mon cœur s’il vous plaît, éclaire mon esprit, purifie mon âme. Comme je voudrais t’aimer, t’adorer, te servir comme tu le mérites. J’ai confiance, je sais que tu es mon seul soutien et qu’avec ton aide je suis certaine de réussir dans cette lutte. Pour cela je prendrai les moyens nécessaires.

J’augmenterai ma dévotion à ma douce Maman du ciel, je me placerai sous sa protection, je serai en sécurité. Je veux faire mon possible pour te recevoir le plus souvent. Donc, étant présent dans mon âme, il n’y aura pas de place pour mon ennemi.

Bonsoir mon Bien-Aimé, je te fais ma plus belle caresse pour te faire oublier mes faiblesses d’aujourd’hui. À demain, je me relèverai avec confiance et courage. Je travaillerai avec toi, car je veux expier, me faire pardonner.

Bonne nuit, ma douce Maman du ciel. Voudrais-tu être là à mon réveil. J’ai besoin de te sentir près de moi pour m’aider, me soutenir. Donne-moi la main s’il vous plaît.

La Fête de mon cher papa, comme il me manque! Déjà trois ans qu’il n’est plus. Ma peine est aussi profonde qu’au premier jour de deuil. Cependant je me console parce que j’espère qu’il est près de toi, mon amour, et qu’il est heureux.

Mon cher papa, n’oublie pas ta petite fille qui pleure, qui lutte, qui souffre sur cette terre. Que j’ai hâte de te revoir, un jour. Bonne fête et je t’embrasse bien fort, comme je t’aime. »

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Lundi, 20 avril 1953

– Mimi : « Encore une journée pour toi mon Bien-Aimé. Merci ma douce Maman du ciel d’être là à mon réveil. J’ai besoin de ta présence pour bien passer cette journée. Toujours la même situation. Comme je te sens loin aujourd’hui. Mon Bien-Aimé j’ai besoin de toi, je suis si seule. »

– Jésus : « En effet ma pauvre petite, je suis loin parce que tu ne penses pas assez à moi, à notre amour. Comment veux-tu que notre union soit parfaite, ton esprit se laisse distraire par tant de choses? Je te le répète, ne te préoccupe que d’une chose, ne jamais me déplaire et soumets-toi entièrement à ma Sainte Volonté. Tous tes ennuis, tes inquiétudes, tes peines, je m’en charge. Fais-moi confiance et ne crains pas. En retour je te demande de me dire souvent que tu m’aimes, que tu as confiance en moi. Si tu savais quelle joie tu me procures. »

– Mimi : « Merci d’être venu à mon secours, non seulement je te dirai que je t’aime, mais je veux te le prouver en acceptant tout par amour. J’accepte aussi de faire ta Sainte Volonté dans tout ce que tu me demanderas. Je te demande ton aide s’il vous plaît. Bonsoir et pardonne-moi mes lâchetés d’aujourd’hui. Je dépose sur ton front un doux baiser qui te fera oublier tout. 

À demain, si tu me prêtes vie. »  

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Mardi, 21 avril 1953

– Mimi : « Bonjour mon Bien-Aimé, aide-moi à passer cette journée sans t’offenser. Tu sembles me demander beaucoup. C’est avec plaisir que je désire travailler avec toi. Donc, pour bien travailler il me faudra beaucoup plus d’humilité. Donne-moi du courage, la situation se complique de plus en plus. J’accepte tout avec amour. Je sais que pour marcher à ta suite il faut que je porte ma croix avec joie et résignation. Donne-moi la force de bien porter ma croix, et non de la traîner comme je le fais à certains moments. Elle me paraît si lourde. Tu sais mon Bien-Aimé, malgré que je traîne souvent ma croix, je ne la lâche pas, car je veux te suivre pour atteindre mon idéal. »

– Jésus : « Pauvre petite, compares-tu ta croix à la mienne? Je ne te demande que de porter cette croix avec amour et je t’aide. Mais pense un peu à moi qui étais seul et cloué sur la croix pour le salut de ton âme, tout cela par amour pour toi. Réfléchis bien! Après cela peux-tu me refuser ce que je te demande? »

– Mimi : « Oui mon Bien-Aimé c’est impossible de ne pas accepter tout par amour. Tu trouves toujours les mots qu’il faut pour me convaincre. Tu sais bien que je t’aime, je ne veux te déplaire en rien, mais ma pauvre nature humaine est toujours là. Merci mon Bien-Aimé, j’ai eu l’occasion de voir mon directeur, lui confier mes luttes et lui ouvrir un peu la porte de mon âme, je lui ai fait part de la peine que je ressentais de t’avoir offensé en manquant à la charité envers cette personne, comme je regrette tout. Mon directeur m’a fait comprendre que ce n’était pas bien d’agir de la sorte, qu’il me faudra travailler ferme pour corriger ce défaut. Avec tout le repentir et la sincérité possibles j’ai fait ma confession.

Mon Bien-Aimé je comprends mieux ton amour miséricordieux, après tant d’offenses tu te penches vers moi pour me pardonner encore une fois. Mon émotion est trop grande, je ne trouve pas les mots qu’il faudrait pour te prouver ma reconnaissance et mon amour. »

– Jésus : « Pourtant ma petite fille, c’est si facile. Dis-moi simplement que tu m’aimes. Je comprendrai tout. Dis-le-moi souvent surtout quand tu souffres. Dis-moi que tu m’aimes lorsque tu luttes, quand tu seras tentée, dans tes misères, cela te donnera du courage. »

– Mimi : « Ma douce Maman du ciel voudrais-tu s’il vous plaît m’aider à bien recevoir ton doux Jésus, quelle joie pour moi, comme j’ai hâte.

Mon bon ange vient partager mon bonheur. Et dire que cette grande joie de le recevoir c’est à mon directeur que je le dois. Comme il est bon pour moi. »

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Mercredi. Le 22 avril 1953

– Mimi : « Qu’il fait beau, merci du beau soleil qui réchauffe mon cœur. J’ai eu le grand bonheur d’assister à la sainte messe dite par mon directeur et j’ai communié. Pour moi c’est un grand jour que le 22 avril 1921, jour anniversaire de ma première communion. Comme ma dette de reconnaissance est grande. Mon Bien-Aimé, malgré mon indignité, mon manque de ferveur, de préparation parfois, que de fois depuis ce jour tu es venu dans ma pauvre petite âme. Ce matin comme je me sentais petite entre tes bras ô mon Bien-Aimé! Il me semble encore entendre ta douce voix me parler avec tant d’amour, me demander ceci :

– Jésus : « Veux-tu devenir ma petite hostie 
                 que j’ immolerai chaque jour avec moi? »

− Mimi : « Que puis-je te refuser mon Bien-Aimé. Oui, oui, du plus profond de mon âme je désire devenir ta petite hostie d’amour que tu consommeras sans cesse à ta Sainte Volonté chaque jour de ma vie. Tu le sais bien que je suis à toi pour toujours. »

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Jeudi, 23 avril 1953
Fête de mon saint patron

− Mimi : « Bonjour mon Bien-Aimé, par amour je t’offre chacune de mes actions. Aide-moi s’il vous plaît à bien accomplir mon devoir d’état. Accorde-moi surtout la grâce de ne pas t’offenser. Augmente en mon âme le désir du ciel.

Oui mon Bien-Aimé je te désire de plus en plus, garde-moi toujours entre tes bras. Tu connais mon idéal, aide-moi à l’atteindre s’il vous plaît. Sans toi je ne suis rien. Je te remercie pour toutes les grâces reçues spécialement depuis trois ans, je ne méritais pas tant. En reconnaissance de toutes ces bontés, je t’offre ma pauvre petite vie et mon amour. Je sais que c’est tout, mais mon Bien-Aimé accepte s’il vous plaît cette offrande venant de la plus pauvre, de la plus méprisable de tes créatures. Je ne puis t’offrir plus, je suis si pauvre. Tu connais mon grand désir de te plaire. En faisant cette offrande, il me semble que je t’offre beaucoup, car tu sais comme je tiens à ma vie. Oui, mon Bien-Aimé, fais de moi ce que tu voudras, je suis à toi et pour toujours. 

                                         Bonsoir, garde-moi bien près de toi. »

− Mimi : « Mon saint patron aidez-moi s’il vous plaît à lutter, à vaincre les dangers de cette vie. Faites que je marche sur vos traces, que je me sanctifie de jour en jour en acceptant tout par amour pour Dieu. »

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Vendredi, 24 avril 1953

– Mimi : « Comme tu me demandes beaucoup mon Bien-Aimé. Aujourd’hui il te faut des âmes. Je suis prête à travailler, mais aide-moi s’il vous plaît, sans toi je ne puis rien. Les mêmes difficultés existent encore, que ta Sainte Volonté soit faite ô mon amour! Je ne te demande pas de m’enlever cette croix, mais la force de la porter avec résignation.

Ma douce Maman du ciel, entends-tu ma voix? Je pleure et je suis fatiguée, je souffre, ma journée n’est pas finie.

Mon amour dis-moi que tu m’aimes, cela me donne du courage. Comme ta bonté est grande et je t’en remercie. J’espère que tu es content de moi, j’ai fait mon possible pour ne rien te refuser. Je veux tellement te faire oublier toutes mes lâchetés, mes faiblesses de chaque jour.

Je veux t’aimer comme tu le mérites, mon Dieu, mon tout. Je suis à toi ô mon Bien-Aimé! Augmente mon amour, je te désire de plus en plus.  

        À demain.

Bonsoir ma douce Maman du ciel, veille sur mon sommeil, merci Mère du Bel Amour. »

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Samedi, 25 avril 1953

– Mimi : « C’est le grand jour, ne me quitte pas mon Bien-Aimé, j’ai besoin de toi. Donne-moi la force et le courage d’accomplir ta Sainte Volonté. Je veux travailler avec toi au salut des âmes. Je t’offre toutes les actions et les souffrances de cette journée. À l’exemple de Sainte-Thérèse je puis te dire que je n’ai jamais fait autant d’actes d’amour et de foi qu’aujourd’hui; quatre heures de souffrances morales endurées avec patience et silence. Voilà que tu me demandes d’ajouter à ces souffrances une autre souffrance physique. Tu le sais bien mon Bien-Aimé que je suis à toi, que mon corps t’appartient, alors fais de moi ce qu’il te plaira.

Si tu désires que je sois clouée à la croix, j’accepte. Oui j’accepte tout avec amour parce que je sais que je ne suis pas seule. Tu es là présent en moi. Tu es à mes côtés, que sans toi je ne puis rien. Je n’oublie pas notre travail d’équipe, je pense aux âmes. Mon Bien-Aimé c’est en acceptant les croix, les épreuves de chaque jour, que je veux te prouver que je t’aime. Je veux aussi te procurer un peu de joie, de consolation, je t’aime tellement, je ne voudrais pas que tu souffres. Je veux réparer toutes mes négligences, te faire oublier ce que j’étais, ce que je suis. Comme je suis ingrate parfois, égoïste et lâche à me mettre à ton service. Je te demande sincèrement pardon. Tu places maintenant ta couronne d’épines sur ma tête. J’accepte cette nouvelle souffrance en expiation de mes fautes d’orgueil que j’avais lorsqu’on m’adressait des compliments sur mes cheveux, sur la manière de me coiffer, etc. Que de temps j’ai consacré à ma toilette, j’étais si orgueilleuse de mes cheveux, pauvre moi. Maintenant je veux réparer et j’accepte désormais comme coiffure que ta couronne d’épines.

Mon Bien-Aimé, je souffre, mais je t’aime. Le mal de tête augmente de plus en plus. Je ne prendrai aucun remède pour calmer la douleur parce que je pense à toi qui as porté cette couronne d’épines par amour pour moi sans rien prendre pour calmer cette souffrance. Combien de fois ne l’ai-je pas placée moi-même cette couronne d’épines, sur ta tête! Oui, mon Bien-Aimé, je veux expier, je veux te suivre, souffrir avec toi, cependant j’attends tout de toi. Donne-moi la force et le courage nécessaires. La douleur devient de plus en plus intense. Mon Dieu, ta volonté et non la mienne. 

                                      À demain. »

− Mimi : « Bonne nuit, ma douce Maman du ciel, mère de douleurs, regarde ton enfant qui souffre, qui lutte. Je t’en supplie aide-moi s’il vous plaît, donne-moi la main, je suis si faible. »

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Dimanche, 26 avril 1953

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, cette journée est à toi. Accorde-moi la grâce de bien la remplir. Sans toi je ne puis rien, je me méfie tellement de moi-même. Pour te faire plaisir je garderai le silence sur la situation actuelle. Donne-moi la patience s’il vous plaît, j’ai bien l’intention de ne pas te déplaire en rien, mais je suis faible tu sais! Je te demande d’enlever de mon cœur cet esprit de critique, aide-moi à corriger ce défaut. »

– Jésus : « Ma petite, il y a longtemps que j’attendais que tu me fasses cette demande. Oui, je vais t’aider à vaincre ce défaut parce qu’il me déplaît. Ce vilain défaut engendre une foule d’autres à sa suite. La critique me peine beaucoup, car ce défaut est le point de départ pour aller directement à l’orgueil, sa marche est rapide. Remarque bien, tu commences par des petites critiques, puis tu exagères un peu. Ensuite arrivent les petites médisances, la calomnie, vient ensuite la révolte, la vengeance, puis l’orgueil a pris place. Puis tu te compares à la personne critiquée en disant : moi je ne suis pas comme cela, je ne fais pas ceci, etc. L’orgueil prend naissance ayant à sa suite tous les défauts. N’oublie pas, l’orgueil a perdu l’homme, l’humilité l’a sauvé. Si tous les hommes comprenaient cela, il n’y aurait plus de guerre, vous connaîtriez la paix en ce monde.

Ma pauvre petite, réfléchis bien et ne laisse pas entrer l’ombre d’une critique dans ton cœur. Si tu veux me plaire, travaille à corriger ce défaut. Fais cela pour moi qui t’aime tant, compte sur moi, je t’aiderai. Demande aussi à ton directeur de t’aider.

N’oublie pas, nous devons travailler ensemble, pense à notre petite équipe. Confie-toi à ma Divine Mère. Elle veille sans cesse sur toi. C’est à mon tour de te dire à demain ma petite fille. »

– Mimi : « Merci mon Bien-Aimé de m’aider à comprendre comme ce défaut est détestable. Aidez-moi à lutter contre cet esprit de critique qui au début paraît sans importance et qui, par la suite, devient dangereux pour l’âme.

Ma douce Maman du ciel, garde-moi toujours bien petite, bien humble près de ton cœur de Mère. Bonne nuit. »

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Lundi, 27 avril 1953

– Mimi : « Une autre journée qui commence. Je te l’offre avec tous ses ennuis, ses joies. Par amour pour toi je m’efforcerai à être très patiente, mais aide-moi s’il vous plaît. Je souffre terriblement physiquement, tout de même je suis heureuse d’avoir quelque chose de plus à t’offrir. Je souffre, mais je t’aime, je ne peux rien te refuser, toi mon Bien-Aimé. Donne-moi la force de bien accepter, de ne rien perdre. J’ai besoin d’expier et peut-être de mériter, je profite de l’occasion qui se présente. Je veux te prouver que je t’aime, je suis prête à tout accepter, à tout souffrir pour ne pas te perdre. Tu es mon unique amour, mon soutien, mon guide. Je voudrais être toujours près de toi, je m’ennuie de toi. Quand donc aurais-je le bonheur de te voir face à face, de te contempler pour t’adorer, pour t’aimer, pour te redire toute ma reconnaissance pour tant de bonté. Je me sens si seule loin de toi. »

– Jésus : « Ma chère petite fille, ce jour viendra sous peu, en attendant ce bonheur, purifie ton regard, ton esprit, ton cœur. Offre-moi davantage des actes de foi, de confiance, mais surtout des actes d’amour. Ne me refuse rien, partage mes souffrances, n’oublie pas ma sixième plaie. À certains moments tu te sentiras inutile. À tes yeux cela te paraîtra bien peu, en effet, cela est si peu à côté de ce que j’ai offert. Cependant une chose doit te consoler. C’est avec ces petits riens de chaque jour acceptés avec amour et résignation à ma Sainte Volonté que je glorifie mon Père. Ma chère petite fille remarque bien qu’il est temps de concilier l’esprit et l’amour. Je désire que tu sois très humble, dis-toi souvent que tu n’es rien sans moi. Recherche toujours la dernière place, efface-toi, oublie-toi, cache-toi en moi. Demande à ma Divine Mère de t’aider à rester bien humble, bien petite.

Elle te comprendra et te guidera puisqu’elle-même a passé devant les yeux humains pour rien. Elle a été considérée comme la plus méprisable de mes créatures. Elle a été rejetée des hommes parce qu’elle était devenue ma Mère Bien-Aimée, par son humilité, par son entière soumission à la volonté de mon Père. Après cela crois-tu qu’elle restera insensible à ta prière? Elle te comprend et t’aime. »

– Mimi : « Ô ma douce Maman du ciel, accorde-moi la grâce de rester toujours bien petite, bien humble afin que Jésus fasse de moi sa demeure permanente.

      À demain mon Bien-Aimé, je t’aime, j’ai confiance en toi, en ton amour pour moi. 

              Bonsoir ma Douce Maman. » 

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Mardi, 28 avril 1953

– Mimi : « Mon Bien-Aimé j’aimerais bien faire ce que tu me demandes, mais comment écrire dans les conditions où je me trouve? J’aimerais causer plus longuement avec toi, seulement j’ai beaucoup à faire, ménage, etc. Tout de même je ferai mon possible pour ne pas te déplaire. »

– Jésus : « Ma pauvre petite, tu dis ne pas avoir le temps d’écrire, de lire, pourtant tu trouves bien le temps d’écouter à la radio certains programmes. Ne crois-tu pas qu’il serait préférable que tu t’arrêtes quelques moments pour entendre ma voix et écrire ce que je te demande pour qu’ensemble nous regardions le programme de ta vie?

C’est mon désir que tu écrives nos entretiens. Fais-en part à ton directeur, c’est très important, car je te le répète il faut que tu te confies davantage à lui, car, lui seul peut t’aider, te diriger, comme je le veux et le désire. N’oublie pas que lorsqu’il t’ordonne quelque chose, c’est moi qui commande. Laisse cette gêne mal placée, va vers lui en toute simplicité, ouvre-lui toute grande la porte secrète de ton âme. Confie-lui tes luttes, tes tentations, tes peines, tes joies, tes désirs, dis-lui tout. Fais-lui confiance, car lui seul est placé pour te diriger dans la mission que je désire te confier. Alors plus de gêne; encore une fois, sois humble et très soumise à lui, car il me représente. Maintenant ma petite je vais te donner un exemple pour mieux te faire comprendre.

Est-ce que Marie Madeleine a été craintive croyant me déranger lorsque j’étais au cénacle avec mes apôtres? Non bien sûr! Elle avait confiance.

En toute simplicité elle s’est approchée de moi avec toutes ses misères, ses faiblesses, mais surtout avec son amour et sa confiance. Elle ne s’est pas arrêtée aux critiques des hommes. Il n’y avait que moi dans son regard et dans son amour. Fais de même, je t’aimerai tellement plus. Ce qui me peine et me déplaît chez toi c’est cette petite méfiance, cette gêne que tu as parfois envers nous, ton directeur et moi. Je t’en supplie, enlève de ton cœur ce sentiment qui pourrait devenir de l’orgueil dont j’ai horreur.

Ma pauvre petite c’est si facile de vivre avec moi constamment. Il n’y a qu’à se soumettre entièrement à ma Sainte Volonté, de m’aimer sincèrement, de prendre sa croix de chaque jour avec amour pour moi, de me suivre. Demande-moi sans cesse mon appui, sois aussi très obéissante à ton directeur, ferme les yeux et laisse-toi guider. Ne cherche pas à comprendre. Fais-nous confiance. Médite cette parole : Aveugle et faible peux-tu marcher seule? »

– Mimi : « Merci  mon Bien-Aimé de m’ouvrir les yeux sur ma conduite. Comme il faut que je me méfie de moi-même, pauvre petite créature que je suis. J’ai beaucoup de travail à faire pour me corriger, pour mettre de l’ordre dans ma vie. Je compte sur toi mon Bien-Aimé pour m’aider, je te promets d’être aussi très obéissante envers toi et mon directeur puisque c’est toi qui commandes en lui. Conduite par mon directeur, je m’acharnerai à faire la lutte à mes défauts qui sont si nombreux. Pardon, je te demande pardon pour toute la peine que je t’ai faite. À l’avenir je veux être très prudente, car je ne veux pas être pour toi une cause de chagrin.  

À demain.

Pardonne-moi ma douce Maman du ciel, comme tu as dû souffrir à cause de moi qui suis si ingrate!

Mon Bien-Aimé je veux faire preuve de bonne volonté, j’irai demain demander pardon à mon directeur pour ma conduite injuste envers lui et aussi pour mon manque de confiance. Je n’ai aucune raison d’agir de la sorte. Il a tellement fait pour mon âme, c’est lui qui m’a aidée à me relever et qui me guide dans le droit chemin, comme il est bon et patient. Mais il est aussi très ferme dans ses décisions. Je dois m’incliner puisque c’est toi qui commandes. Je serai désormais très soumise à tout ce qu’il me demandera. Pour te faire plaisir, j’irai le plus vite possible. J’ai honte de moi, de ma conduite. Mon Bien-Aimé donne-moi le courage nécessaire. Bonne nuit, je t’embrasse très fort comme je t’aime, dis-moi que tu me pardonnes. 

À demain. »

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Mercredi, 29 avril 1953

– Mimi : « Aujourd’hui mon Bien-Aimé je crois te plaire en gardant ces chers petits. Comme j’étais heureuse de recevoir tant de marques d’affection, de simplicité. Ils étaient si sincères ces chers petits, avec quelle confiance ils s’abandonnaient à mes soins. Comme ils étaient beaux et comme la joie rayonnait dans leurs yeux si purs lorsque je leur annonçais que je les amènerais faire une visite à l’église, voir leur petit ami qui s’appelle Jésus. C’est en sautant qu’ils me témoignent leur reconnaissance et leur joie. Cependant l’impatience est toujours là. « Dépêche-toi » me dit le cher petit, « Le petit Jésus va être fatigué de nous attendre si longtemps ». Comme je me sentais petite près d’eux! 

Ma douce Maman du ciel je te les confie, garde-les toujours près de toi.

Maintenant mon Bien-Aimé j’ai besoin de ton aide pour entreprendre cette nouvelle lutte. Oui je veux faire la guerre à mes défauts, à tout ce qui peut nuire à notre union que je désire de plus en plus. J’attends avec impatience ce beau jour. »

– Jésus : « Ma pauvre petite mon désir est encore plus grand que le tien. Oui, je te veux tout à moi, rien qu’à moi pour toujours. Toutefois il y a encore quelque chose qui t’empêche d’avancer d’un pas rapide. Confie-toi à ton directeur, dis-lui tout, tes inquiétudes morales, tes tentations. Ne te gêne pas pour lui ouvrir la porte de ton âme. Fais-lui part de nos entretiens, de tes désirs. Il te guidera et t’aidera dans toutes les luttes.

Ne crains pas, je serai avec vous. Comme par le passé, jette-toi avec plus de confiance entre mes bras. Va ton chemin, ne t’arrête pas. 

Lève la tête, regarde devant toi, ne recherche que la vérité, l’espérance et la paix qui ne sont qu’en moi. Dans tes moments de faiblesse regarde cette croix où je suis par amour pour toi. Reprends courage, ne me laisse pas seul. Par la lutte que tu viens de passer et qui a duré sept mois, j’ai voulu dans ma bonté te purifier. Mais prépare-toi pour un autre combat, car je veux consumer ton âme pour qu’il ne reste plus rien d’humain. Je veux tout. Pour le moment je ne te demande qu’une chose, c’est d’accepter. Je ferai le reste. »

– Mimi : « Oui mon Bien-Aimé j’accepte tout avec amour et entière soumission à ta Sainte Volonté. Cependant je tremble à la pensée d’un autre combat dont tu me parles. »

– Jésus : « Ma chère petite, la pauvre nature humaine est toujours la même. La peur de l’effort, de la souffrance, de la lutte, des combats. Mais on ne craint pas l’effort pour les honneurs. Ce qui me peine beaucoup c’est de constater avec quelles répugnance et lâcheté sont acceptées les croix que je destine à mes amis. Ma pauvre petite fille ne soit pas du nombre. Pourquoi craindre puisque tu seras entre mes bras. »

– Mimi : « Mon Bien-Aimé, j’accepte tout avec amour et confiance et je te demande pardon de ma lâcheté, de ma faiblesse.

Bonsoir ma douce Maman du ciel. Protège-moi, soutiens-moi s’il vous plaît. Apprends-moi à bien comprendre ce mot sublime que tu prononces par amour pour moi.

Oui ce fiat qui t’a permis de devenir la Mère de Dieu, de devenir un jour ma Mère. Avec ce même fiat tu as suivi ton doux Jésus jusqu’à la croix. 

N’ai-je pas raison de l’appeler mot sublime entre tous? Merci, merci ma douce Maman du ciel pour cette grande preuve d’amour. 

                                          À demain » 

Je dirai mon fiat chaque jour avec Marie que j’aime tant parce qu’elle est ma Mère.   

losange02

Jeudi, 30 avril 1953

– Mimi : « Bonjour mon Bien-Aimé. Aujourd’hui je vais travailler avec toi. Donne-moi la force et la patience pour bien accomplir avec amour tout ce que tu me demanderas. C’est avec humilité et confiance que je m’approche du tribunal de la pénitence afin d’enlever de mon âme toute souillure, tout ce qui peut te déplaire. Comme je t’aime, ta miséricorde est tellement grande, avec quel amour tu te penches sur moi qui ne suis rien, rien qu’une pauvre petite fille. Je suis si remplie de défauts, combien grande est ma faiblesse. Ô mon Bien-Aimé, accorde-moi cette faveur de rester toujours bien petite près de toi. Augmente en mon âme cette pureté, cette simplicité d’enfant. Enlève de mon esprit tout ce qui peut nuire à ma sanctification et garde-moi s’il vous plaît dans l’humilité la plus absolue. C’est avec confiance que je te demande ces grâces comme une enfant demande à son Père avec insistance une faveur. Ô bonté infinie j’attends tout de toi, je ne suis rien sans toi.

J’aimerais causer plus longtemps avec toi, seulement les circonstances m’obligent à te quitter. C’est avec amour que j’ai travaillé aujourd’hui. Je ne me suis jamais sentie si petite au contact de ces chers petits-enfants. Comme ils étaient heureux que je partage leurs jeux.

À demain, garde-moi bien près de toi, mon amour, j’ai tellement besoin de toi.   

      Bonsoir ma douce Maman du ciel. »


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